Trajectoire, d'une vie à l'autre (Paco Rabanne, né en 1934)


Je connais Paco Rabanne. De nom.

Son métier de grand couturier. Ses visions de fin du monde, largement relayées dans la presse et sur les plateaux télé.

J'aime lire.

Nous avons la chance d'avoir une librairie religieuse et spirituelle de grande qualité à Moulins : la Librairie Saint Joseph.

Lors d'une de mes visites, toujours pleine de discussions et d'échanges, son propriétaire (chineur et amoureux des livres !) a partagé sa récente découverte des ouvrages écrits par Paco Rabanne.

J'ai fait l'acquisition sur ses conseils du tome 1. J'ai été fascinée. Et conquise.

Je l'ai dévoré.

L'écriture est fluide et facile. Pleine d'images. Le récit vient du coeur.

Bien loin des paillettes, des exagérations et des déclarations fracassantes, voici le parcours d'un homme profondément mystique et connecté dès son plus jeune âge.

J'ai suivi l'enfant pas à pas dans l'Espagne en guerre, entre sa mère athée et sa grand-mère profondément religieuse.

J'ai partagé sa vie intérieure, riche et féconde, remplie de souvenirs de vies d'avant.

Je l'ai accompagné, faisant ses découvertes et expériences spirituelles. Au gré de ses rencontres et de ses coups de coeur.

Intuitif, original et avant gardiste, ses créations haute couture révèlent ses questionnements sur le rôle normatif de la mode (Chapitre 4 : Les caprices de la mode : jamais innocents).

En fil d'Ariane (Chapitre 1 : Le fil d'argent), il a conservé sa lucidité et son regard intérieur. Son âme.

L'habit joue un rôle social, il le sait mieux que quiconque.

Il  ne cesse de regarder au-delà des apparences. Recherche le sens profond de la vie. Affine sa spiritualité.

Dans le monde le plus superficiel qui soit.

En fait non.

Je ne connaissais pas Paco Rabanne.

Je l'ai rencontré à travers cette biographie. Elle m'a profondément touchée. 

Comme celle d'un pélerin, d'un chercheur et d'un (h)ermite. D'un compagnon de route.

Témoignage d'une âme venue se rappeler, expérimenter et partager.

Nous ne sommes jamais seuls !

J'ai un autre regard sur cet homme public maintenant. Plus ouvert et plus aimant.

Françoise